J’AI PARTICIPÉ À PRIDE ART ! (OSLO 2019)

Disclaimer : Vu que je suis une personnalité un brin narcissique et totalement barrée et que j’ai la flemme de trouver quelqu’un pour le faire à ma place depuis maintenant quatre mois, j’ai décidé de m’interviewer moi-même en toute objectivité. Je suis un brillant journaliste, après-tout. Il suffira de taper mon nom sur Google pour en obtenir confirmation (LOL). 

Victorien, peux-tu nous expliquer ce que tu es allé faire à Oslo ?

Si j’ai fait ce voyage qui a duré deux semaines, c’est parce-que je participais à l’exposition Pride Art en marge de la Oslo Pride 2019. 115 artistes participaient à cette exposition internationale et commencer par celle-ci a été une véritable fierté pour moi. Lorsqu’on m’a proposé d’en être, je n’en revenais pas. Je me suis même demandé si ça n’était pas une blague. Mais non, ça n’en n’était pas une et me voilà, débarquant de nulle-part, après moins d’un an d’activités artistiques (surtout photographiques, le reste n’étant que de l’ordre de l’expérimentation et de l’échauffement), exposant mes œuvres sous le chapiteau de Pride Art au Youngstorget et convié à la Mairie d’Oslo en l’honneur des invités internationaux ! Rien que d’en parler maintenant, ça me semble irréel.

Ça s’est passé comment ?

Tout s’est passé à merveille. Je dois dire que c’est avant tout et surtout grâce au professionnalisme et à la passion des organisateurs et du curateur qui ont véritablement donné de leur corps, de leur moral et de leur cœur à cette exposition qu’on sent avant tout humaine et solidaire. Chacun a travaillé du mieux qu’il.elle pouvait en fonction de ses capacités pour que cette expo soit réussie. Jusqu’au dernier clou, jusqu’à la dernière minute, jusqu’à l’ouverture des portes et même encore après ! Et, au final, nous avons réussi et c’est un incroyable sentiment d’accomplissement que je ressens, que même la mélancolie du décrochage, du rangement et du départ n’est pas parvenue à enrayer.

Je pense aussi que la manière dont nous (les étrangers) avons étés reçus par la Mairie d’Oslo et par les organisateurs de l’exposition est assez unique. C’est une mentalité très différente de la notre et il faut y aller pour s’en rendre compte ! C’est visible rien qu’à l’organisation de la Pride dans la mesure où ce qu’on peut constater chez nous comme conflits internes, s’ils ne sont pas inexistants, ne se déroulent pas dans l’espace public à Oslo et ne nuisent pas au bon déroulement des évènements. De même, Oslo Pride a le mérite d’organiser tout un tas d’évènement sur deux semaines alors que Paris nous offre une « Quinzaine des fiertés » à laquelle personne ne participe, à juste titre d’ailleurs puisque personne ne sait de quoi il s’agit. À la seule exception, peut-être (et ça n’est pas dans mes habitudes de le défendre), du milieu gay « biscuit apéritif » (comprenez : le petit milieu gay parisien manquant cruellement d’ambition et se réunissant une fois par mois autour d’une bière et d’un bol de chips) qui, avec ses petits bras et ses petits moyens, tente d’organiser des choses. C’est l’intention qui compte après tout.

Comment en es-tu arrivé à rejoindre Pride Art ?

C’est Lulu, l’incroyable Lulu qui dirigeait pour une dernière année cette exposition, qui m’a proposé d’y participer. À moi tout seul, je pense que je n’aurais jamais eu le déclic de m’inscrire, de sortir mes œuvres et de faire le voyage (complexe d’infériorité, bonjour). Il faut dire que je fais « de l’art » depuis presque un an maintenant et que le résultat n’a pas toujours été à la hauteur. C’est normal, après tout, je ne fais que commencer. Il m’arrive encore de revenir sur certaines vieilles photos et de me demander comment j’ai pu oser sortir une chose pareille. Alors me retrouver au sein de cette exposition aussi rapidement et participer à tout ça aussi tôt, sachant que les choses commencent à s’enchaîner pour moi, c’est véritablement hors-norme. J’espère d’ailleurs pouvoir très bientôt réitérer l’expérience avec des photos moins jaunes et surtout plus inspirées !

Et tu as pu vendre quelques photos ?

(Rire) On ne peut rien me cacher ! En effet, ça m’a beaucoup étonné et ça m’a surtout fait très chaud au cœur car rien n’est parti durant l’expo et c’est uniquement le soir du finissage que j’ai pu voir partir deux photos (dont celle que je craignais le plus de ramener dans ma valise vu qu’elle s’était déjà faite molester par les bagagistes à l’aller) : Political Domination et Food. J’étais d’autant plus touché que j’ai appris par la suite qu’il s’agissait d’un curateur Danois qui avait choisi de ramener Food dans sa valise (« Votre photo m’a fait rire ! Mais rire ! » – Ça m’a fait très plaisir). De plus, comment ne pas être touché par cette rencontre fantastique avec cette femme formidable qui s’est prise de passion pour ma photo Political Domination (promis, je la numérote dès qu’on se revoit !)

Tout ça est bien-sûr très positif ! Premières ventes sur un pari complet. Ça ne peut que m’inciter à continuer dans cette voie et à ne pas me décourager, même si – un jour – je trouve un « vrai travail » et que je ne reste pas « une grosse fégnasse d’artiste contemporain » ad vitam aeternam (j’adore cette locution latine, je la ressors souvent).

Quel a été ton moment préféré ?

Quelle drôle de question… C’est comme demander à quelqu’un ce qu’il préfère entre un crumble et une tarte tatin. À vrai dire, je ne sais pas du tout. De long en large, c’est un excellent souvenir. Je pense que je m’en souviendrai toute ma vie car c’est la première fois qu’on me permet sérieusement de participer à quelque-chose d’aussi énorme et d’aider (à mon petit niveau) à sa réalisation. Niveau confiance en moi, je pense que ça a été assez efficace, surtout quand on sait que j’ai tendance à penser que je ne mérite pas ce qui m’arrive et que si j’en suis là, c’est juste par erreur et que j’usurpe le mérite de quelqu’un qui ne tardera pas à se manifester. Observer les gens tourner autour de mes photos par exemple ou recevoir un mail de Oslo Pride m’informant que j’étais convié à une réception à l’Hôtel-de-Ville, ça a été très gratifiant et ça m’a fait très chaud au cœur. Pourtant, ce ne sont que des honneurs qui flattent mon égo. Donc, je pense que je me souviendrai surtout des excellents moments que j’ai pu passer en compagnie de mes amis à Oslo et de cette belle chose qu’on a faite !

Et la Pride ?

Que dire ? C’est tellement différent de ce que nous connaissons en France et surtout à Paris. J’en parlais déjà un peu plus tôt mais ce qui est très agréable avec la Pride d’Oslo, c’est que tout s’étale sur deux semaines et c’est la ville toute entière qui se met en fête. Pour comparer, la Pride de Paris, malgré la Quinzaine des Fiertés à laquelle quasiment personne ne participe, c’est un grand évènement d’une demi journée, belle occasion de déballer le linge sale LGBTQI+ parisien une fois l’an sous couverture de bonne humeur. À Oslo, la Pride n’est que le maillon central d’un évènement très dense auquel les pouvoirs publics et TOUTES les orientations politiques participent avec joie sans qu’il y ait de discorde. Joie, bonne humeur et amour sont au centre de ce système et je suis très content d’avoir pu participer à ça.

C’est une expérience que tu veux reproduire ?

Absolument et plutôt deux fois qu’une. J’espère être présent l’année prochaine. Dans tous les cas, je ferrai tout pour.

Tu as d’autres expos en tête ?

En effet ! Vous pourrez d’ailleurs me retrouver à Bruxelles à mi-Octobre en compagnie de quatre autres artistes. Je n’en dis pas plus pour l’instant mais j’ai vraiment hâte d’y être. Ça va être tout feu tout flamme !

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